Festivités populaires et confrontations
Les années qui suivent les coups de force des défilés de 1968 et 1969 marquent le début d’une appropriation québécoise et populaire de la fête, qui reste cependant le lieu de turbulences souvent violentes. Si le défilé officiel est interdit par autorités qui ne veulent pas voir le spectacle des deux années précédentes se reproduire, il est remplacé en par un défilé populaire sillonnant les rues de la ville et aboutissant dans le Vieux-Montréal. Lire la suite
Alors que la fête nationale appelle à la célébration du Québec, elle s’avère également un puissant révélateur des tensions qui l’animent. Difficile cette année de célébrer le Québec sans soulever l’importante crise sociale qui le secoue. Alors qu’un tumulte qu’aucune loi n’arrive à faire taire s’élève des rues depuis plusieurs mois, de nombreux politiciens et commentateurs critiquent l’irrationalité d’un mouvement qui demanderait, à leurs yeux, mers, mondes et utopies. Qu’en est-il vraiment de cette critique et qu’est-ce que la fête nationale peut nous dire de la place du symbolique en politique? 
Depuis plusieurs mois déjà, les organisateurs de la fête nationale ont prévenu les fêtards : les excès seront de moins en moins tolérés, notamment à Québec où le méga-spectacle des Plaines d’Abraham est souvent le lieu de beuveries, voire de débordements violents dans les rues avoisinantes. Une campagne de promotion d’Éduc’Alcool a ainsi été mise en place qui présente des jeunes en état d’éthylisme profond avec le slogan « C’est notre fierté qui en prend un coup ».
L’histoire de la Saint-Jean-Baptiste montre bien comment un événement collectif peut s’avérer être un terrain de luttes politiques, à la fois symboliques et parfois même violentes. La fête nationale est non seulement le lieu d’émission d’un discours officiel sur la nation, mais aussi de critiques intervenant dans différentes sphères de l’espace public. Plus encore, la Saint-Jean-Baptiste comporte une part d’effervescence populaire, parfois subversive, mais surtout irréductible aux seuls discours des acteurs politiques.