Festivités populaires et confrontations

Les années qui suivent les coups de force des défilés de 1968 et 1969 marquent le début d’une appropriation québécoise et populaire de la fête, qui reste cependant le lieu de turbulences souvent violentes. Si le défilé officiel est interdit par autorités qui ne veulent pas voir le spectacle des deux années précédentes se reproduire, il est remplacé en par un défilé populaire sillonnant les rues de la ville et aboutissant dans le Vieux-Montréal. Lire la suite


Pettit garçon en saint Jean-BaptisteLa tradition du défilé est sans doute la plus caractéristique de la Saint-Jean-Baptiste. Tous, et plus encore les plus vieux, ont en tête le petit garçon frisé accompagné de son mouton, représentant saint Jean-Baptiste, qui clôturait chaque année le défilé. Cette mise en scène du saint patron des Canadiens français, qui émergea vers les années 1860, allait devenir, un siècle plus tard, l’image même d’un nationalisme canadien-français traditionnel, conservateur, teinté de religion et quelque peu infantilisant que les nationalistes québécois voulurent remplacer.

Il ne s’agissait d’ailleurs pas des premières attaques contre cette représentation (le petit garçon frisé) de saint Jean-Baptiste issue des peintures renaissantes du XVIe siècle. Ainsi, dès 1911, Ollivar Asselin, alors président de la Société Saint-Jean-Baptiste, avait vertement critiqué ce symbole, ce qui lui avait d’ailleurs valut un flot de critiques tel qu’il avait dû démissionner de son poste: Lire la suite


Le contexte de la Saint-Jean de 1990 est fortement marqué par l’échec de l’Accord du lac Meech, qui devait permettre au Québec de réintégrer « dans l’honneur et l’enthousiasme » (selon les mots de Lucien Bouchard au moment où il était encore ministre conservateur) la Confédération canadienne, lui qui n’avait toujours pas signé la Constitution que Pierre Elliott Trudeau avait rapatriée unilatéralement en 1982.

Brian Mulroney, dont le gouvernement conservateur succéda à celui de Trudeau en 1984, s’était donc donné comme mission de réconcilier la famille canadienne et de réparer l’affront fait au Québec suite à l’échec référendaire de 1980. Pour ce faire, il mit sur pied une ronde de négociations constitutionnelles devant s’atteler à répondre aux demandes particulières du Québec, formulées comme suit: Lire la suite