Logo Le lys en fête, le lys en feuL’histoire de la Saint-Jean-Baptiste montre bien comment un événement collectif peut s’avérer être un terrain de luttes politiques, à la fois symboliques et parfois même violentes. La fête nationale est non seulement le lieu d’émission d’un discours officiel sur la nation, mais aussi de critiques intervenant dans différentes sphères de l’espace public. Plus encore, la Saint-Jean-Baptiste comporte une part d’effervescence populaire, parfois subversive, mais surtout irréductible aux seuls discours des acteurs politiques.

Cette fête est sans conteste l’occasion de célébrer, avec le début de la saison estivale, ce Québec qui nous porte et nous sert de demeure. Certains y ont un ancrage séculaire, d’autres de fraîche date, mais tous prennent peu à peu leur place au sein des célébrations, qui se veulent les plus inclusives possibles. Cette ouverture est certainement une richesse, tant pour la fête que pour la société québécoise en général. Il importe cependant de se questionner sur le sens profond de la fête, de questionner les discours officiels sur la nation, soit pour y adhérer ou encore en proposer des alternatives.

Moment de fête, la Saint-Jean-Baptiste est également un moment de réflexion sur la nation québécoise, sur sa définition, son statut politique et aussi sur son avenir. S’il importe de ne pas se cloisonner dans la partisanerie, il ne faut pas non plus s’empêcher de débattre sur la nation, qui profite toujours d’une mise en commun d’expériences et de points de vue pluriels, qui est toujours, au fond, un dialogue d’une société avec elle-même, avec son passé et son devenir. En ce sens, la nation célébrée rejoint l’idéal démocratique qui fonde notre société et dépasse de loin les clivages politiques et constitutionnels.

Sur ce, bonne Saint-Jean!


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