Le contexte de la Saint-Jean de 1990 est fortement marqué par l’échec de l’Accord du lac Meech, qui devait permettre au Québec de réintégrer « dans l’honneur et l’enthousiasme » (selon les mots de Lucien Bouchard au moment où il était encore ministre conservateur) la Confédération canadienne, lui qui n’avait toujours pas signé la Constitution que Pierre Elliott Trudeau avait rapatriée unilatéralement en 1982.

Brian Mulroney, dont le gouvernement conservateur succéda à celui de Trudeau en 1984, s’était donc donné comme mission de réconcilier la famille canadienne et de réparer l’affront fait au Québec suite à l’échec référendaire de 1980. Pour ce faire, il mit sur pied une ronde de négociations constitutionnelles devant s’atteler à répondre aux demandes particulières du Québec, formulées comme suit: Lire la suite


Le lundi de la matraque

Le lundi de la matraque

La Saint-Jean de 1968 fut sans doute l’une des plus marquantes de l’histoire du Québec, qualifiée par plusieurs de « lundi de la matraque », en référence aux violentes émeutes – de même qu’à la non moins violente répression policière – y ayant pris place. Comme chacun le sait, l’atmosphère de 1968 est survoltée, marquée par de nombreuses grèves et émeutes un peu partout en Occident. Au Québec, le contexte de la fête nationale est polarisé par la présence de Pierre-Elliott Trudeau sur l’estrade d’honneur située sur la rue Sherbrooke devant le parc Lafontaine, lui qui a été invité en sa qualité de Premier ministre, au grand damne des regroupements indépendantistes, le RIN de Pierre Bourgault au premier chef. Mentionnons au passage qu’il n’est pas peu symptomatique que l’emblème du RIN, un bélier stylisé, symbole de force et de détermination, ait justement été adopté comme une subversion du mouton national, jugé faiblard et infantilisant. Lire la suite